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ANDROMAQUE / LA PALMERA


JEU.19, VEN.20 & SAM.21 MAI 2016

THÉÂTRE AIMÉ CÉSAIRE / FORT-DE-FRANCE

D'après Andromaque de Jean Racine

Écrit et proposé par le Collectif La Palmera

Ave Nelson-Rafaell Madel et Paul Nguyen

Collaboration à la mise en scène : Néry

Musique Originale : Nicolas Cloche

Collaboration artistique : Claudie Kermarrec, Loïc Constantin, Julien Bony, Damien Richard, Édith Christophe et Claire Dereeper

Mon Dieu, des vers s'agitent devant vous et vous menacent : faut-il s'en débarrasser et par quel bout les prendre? Ne prenez pas peur, Madame, restez-là, Monsieur et n'en faites pas une tragédie. Laissez-nous faire! Deux comédiens, pas plus c'est promis, se chargent de vous guider dans votre nouveau théâtre tout frais et tout neuf. La visite en vaut la chandelle et les coulisses regorgent de surprises. Partagez un vers avec Oreste, Hermione, Pyrrhus, Andromaque qui ont accepté de vous recevoir dans l'intimité de leur être, nus comme des alexandrins.

Tragédie et faux-semblants

Pour un spectateur, assister à une tragédie classique au théâtre peut rapidement être synonyme d'appréhension et d'ennui : la langue lui paraît une barrière infranchissable, il craint de ne pas tout comprendre et d'être perdu au bout de la première scène ; de plus, les personnages et les drames qu'ils traversent lui semblent trop éloignés de son quotidien.C'est partant de ce constat que nous avons décidé de monter Andromaque de Racine. Mus par le désir de partager et de rendre concret un texte d'une grande richesse en cherchant les ponts qui relient notre quotidien à celui de ce monde en apparence si éloigné de nos codes et de nos valeurs, veillant toujours à conserver l'intensité de la langue portée par les alexandrins.Nous avons donc exploré la pièce en l'éclairant de multiples façons pour finalement créer un spectacle original destiné au public averti comme moins préparé.Jouer ce texte à deux comédiens fait aussi partie de l'enjeu, afin que le spectacle, léger dans sa forme, puisse se jouer presque partout et investir des lieux où une tragédie n'aurait pas nécessairement sa place

De la distanciation à la catharsis L'adaptation du texte s'articule autour des deux premiers actes, afin de coller au plus près à l'histoire et faire progressivement entrer le spectateur dans les situations qui vont donner naissance à la tragédie. Dès les premiers mots, les comédiens, en véritables guides en tragédie, exposent au public le contexte précédant le début de l'histoire : les rapports entre les personnages, leurs passions, leurs dilemmes, leurs devoirs. Comme des fenêtres s'ouvrant sur la pièce, les alexandrins surgissent dans l'exposé, préparant et habituant le spectateur à recevoir une langue qu'il n'a pas l'habitude d'entendre. Aux actes I et II, les guides s'immiscent dans le cours de l'histoire, esquissent chaque protagoniste, et jaugent l'attention du public tout en précisant les enjeux de la pièce. Les comédiens usent de nombreux stratagèmes pour permettre aux spectateurs de comprendre les tenants et les aboutissants de chaque situation.

À l'acte III, une rupture se produit, car les personnages, dévorés par leur passion, n'ont plus qu'une obsession : satisfaire leur désir par tous les moyens. La tragédie peut alors se nouer. Cette rupture marque également le jeu des acteurs : quittant leur rôle de guide, ils deviennent l'incarnation de chaque personnage. Les mécanismes tragiques en place, le public suit alors le chemin tracé jusqu'à la folie finale.

Une scénographie épurée

La scène symbolise une salle du palais où vont se nouer les intrigues. Les interprètes se servent d'accessoires pour illustrer le début de la pièce : les personnages, auxquels ont été attribué un code de couleur, sont matérialisés dans l'espace par des seaux, des ballons et des tissus ; plus tard, des parures plus élaborées permettent d'incarner tour à tour chaque protagoniste. La musique et les lumières très épurées mais présentes suivent pas à pas le chemin emprunté par les guides comédiens

Collaboration à la mise en scène : Néry

Auteur, comédien, chanteur, metteur en scène, Néry a un parcours atypique. Formé à l'école CFT des Gobelins, il s'oriente vers la scène et l'image. Il suit les cours de théâtre d'Yves Pignot et fait un stage déterminant avec Philippe Hottier. En 1982, il créé le collectif « Super Trollop » avec lequel il réalise plusieurs courts-métrages, dont Massacre à la Poinçonneuse et Le travail du fer, nommé aux Césars (1987), et primé à plusieurs festivals.

Il mène parallèlement une carrière de chanteur-compositeur avec « les Nonnes Troppo » puis « les VRP », qui le mène aux quatre coins du monde. En 1997, il entame une carrière solo et sort trois albums, La vie c'est de la viande qui pense, prix de l'académie Charles Cros, Vol Libre, et Belgistan, réalisé par Matthieu Chedid. Tous ces albums font l'objet de tournées en France, en Europe et en Chine.

Il écrit et met en scène Règlement de contes, joué en Suisse (1995). Il réalise de nombreux clips pour plusieurs groupes : la Mano Negra, les Yeux Noirs, les Satellites, Michaël Clément, les Nonnes Troppo et les VRP. Il accompagne dans leur travail de scène des chanteurs comme Olivia Ruiz, Romain Didier, Daniel Lavoie, Les Blérots de Ravel.

Avec son complice Polo, il conçoit et met en scène Nous sommes tous Claude François aux «Francofolies» de la Rochelle et de Spa (2008), avec Arthur H, Kent, Adrienne Pauly, Christophe Mali, Clarika. Son travail de metteur en scène le conduit à travailler une nouvelle fois avec la chanteuse Enzo Enzo dans le spectacle musical, Clap (2008). Il réitère l'expérience à deux reprises, pour Khalid K. (Khalidoscope - 2009) et pour Jean Guidoni, qu'il met en scène avec Kên Higelin dans le spectacle Le Déséquilibriste (2009). Parallèlement, il assume régulièrement un travail d'intervenant scénique auprès de la jeune scène musicale française dans le cadre du « Chantier des Francos », à la Rochelle. En 2013, il met en scène Le Dragon, pièce de l'auteur russe Evgueni Schwartz, au Nouveau Théâtre de Châtellerault. En 2013-2014, il travaille avec le collectif Io sur une reprise, Petite Marchande d'Allumettes, à l'Opéra de Reims, et sur un projet autour de Salvador Dali

Les acteurs

Paul Nguyen

Formé à l'Ecole Claude Mathieu de 1999 à 2002. Il joue dans: Les vilains, mise en scène par Damien Coden et Cédric Miele (Versailles, Avignon, 2002) ; La mouette de Anton Tchékhov, mise en scène par Jean Bellorini et Marie Ballet (La Cartoucherie, Versailles, 2003) ; Le bac à sable, mise en scène par Kên Higelin (théâtre d'Ivry, tournée, 2004-2005) ; Horace de Corneille mise en scène par Naidra Ayadi (Théâtre de la Tempête, tournée France et Belgique, 2008-2009) ; et La demande en mariage de Tchekhov, mise en scène par Virginie Bienaimé et Charlotte Dupuydenus (Chantilly,tournée, 2011) ; Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort, mise en scène par Néry (Clichy, Paris, tournée 2012-2014) ; Le dragon de Evgueni Schwartz, mise en scène par Néry (Châtellerault, 2013) ; P'tite souillure de Koffi Kwahulé, mise en scène par Damien Dutrait et Nelson-Rafaell Madel (Fort-de-France, Avignon, 2013-2014). Il met également en scène Le jeu de l'amour et du hasard de Marivaux (théâtre de Chantilly, tournée 20122014). Parallèlement à son activité de comédien, il s'occupe d'organiser et de produire des spectacles avec son collectif : Nous sommes tous Claude François (2008), Lukou (2008), Lecture d'archives (2010), Luce di Morio (2011), Sciences peau (2012), Le grand bal pop hilare (2011-2014)

Nelson-Rafaell Madel

Il se forme de 2004 à 2006 au studio-théâtre de l'Atrium de la Martinique, sous la direction de Yoshvani Médina. Parallèlement, il joue dans trois créations de la compagnie « Théâtre Si » tout en assistant Yoshvani Médina à la mise en scène. Il joue dans : Roméo et Juliette de Shakespeare, L'amant de Pinter et Chacun sa vérité de Pirandello, trois spectacles mis en scène par Yoshvani Médina (Martinique 2005 - 2007); Falstafe de Novarina, mise en scène par Claude Buchvald (Théâtre National de Chaillot, tournée, 2008) ; Le ravissement d'Adèle de Rémi De Vos, mise en scène par Pierre Guillois (Théâtre du Peuple, 2008) ; Horace de Corneille, mise en scène par Naidra Ayadi (Théâtre de La Tempête, tournée, 2009) ; Liliom de Ferenc Molnar, mise en scène par Marie Ballet (Théâtre de La Tempête, tournée, 2009) ; Nous étions assis sur le rivage du monde de José Pliya, spectacle de la compagnie Théâtre des Deux Saisons, (Martinique, tournée, 2009) ; La Résistante de Pietro Pizzuti, mise en scène par Sandrine Brunner (Perpignan, tournée, 2011) ; Erotokritos, texte de Vitzentzos Cornaros, mise en scène par Claude Buchvald, (La Chartreuse, Théâtre de Sète, tournée, 2011-2012) ; Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort, spectacle mis en scène par Néry (Clichy, Paris, tournée, 2012 2014).

Metteur en scène : Minoé, texte d'Isabelle Richard-Taillant, (Lille, tournée, 2010) ; P'tite souillure de Koffi Kwahulé, co-mise en scène avec Damien Dutrait (Fort-de-France, Avignon, 2013-2014). Chanteur : Lauréat du concours « Made in Music Style Martinique» et sorti de son premier disque intitulé Je vis pour (Martinique, 2005).

FRANCE CULTURE Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort. Voilà la trame, et voilà aussi le titre d'une représentation réjouissante qui se donne dans le « Off » chaque jour à 16h30, et qui est amenée au galop par deux jeunes acteurs caméléons, Nelson-Rafaell Madel et Paul Nguyen se partagent tous les rôles de la tragédie classique, et ils revisitent au pas de charge l'oeuvre de Racine, avec pour seuls accessoires des tentures de couleurs et des ballons gonflables. En 1h30, ils rejouent la guerre des Grecs et des Troyens en nous expliquant par le menu les aléas de ces passions souvent complexes, puis ils se lancent dans un extrait d'Andromaque, et on croirait voir surgir devant nous les figures raciniennes. Ce spectacle joyeux et alerte est une façon de dépoussiérer les classiques sans se prendre au sérieux, et aussi de démontrer qu'avec très peu d'argent mais beaucoup d'énergie et du talent, on peut parler l'alexandrin sans faire fuir les spectateurs.

LA PROVENCE Le collectif La Palmera nous fait découvrir une autre manière d'apprécier ce « Racine » qui aime tant ces amours complexes. Une fois immergée dans l'histoire, finie la rigolade, place au drame antique. Nelson-Rafaell Madel et Paul Nguyen revêtent leurs costumes et déclament d'un souffle clair et juste ces alexandrins qui nous sont chers. Cette dualité entre humour et classique est intelligemment menée. Nous sortons surpris, ravis. Pyrrhus, Hermione et Hector peuvent dormir en paix.

PLUS DE OFF Incontournable! [...] Une mise en scène et une scénographie hardies et ingénieuses, une interprétation qui répond parfaitement aux exigences de la mise en scène, Oreste aime Hermione qui Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime... réduit au silence toutes les excuses que l'on pourrait formuler pour éviter de se frotter à un grand texte classique.

LES ECHOS [...] Rien de tel que la proposition du collectif La Palmera. Deux jeunes comédiens établissent des ponts entre le monde de Racine et de son héroïne Andromaque, en apparence si éloigné de nos codes et de nos valeurs d'aujourd'hui. Au début, les acteurs explorent la pièce en l'éclairant de multiples façons, afin d'entraîner le public progressivement au plus près du texte original. Décryptant les passions, les dilemmes, des personnages, ils habituent peu à peu le spectateur à recevoir ces alexandrins qu'ils ne sont pas habitués à entendre.

THÉÂTRE DU BLOG [...] Ils passent donc de l'un à l'autre, avec une aisance remarquable, et réussissent pour chacun d'eux à « habiter » avec densité les différents personnages (féminins ou masculins) et leurs conflit et destinée tragiques. Cela apporte ainsi au spectacle, une cadence extrêmement juste et, de façon détournée, une dimension chorégraphique. [...] ce collectif réussit une prouesse : ne point nous éloigner du texte de Racine et capter avec tension et sensibilité, la conscience et le plaisir du spectateur.

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