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BAÂDA, LE MALADE IMAGINAIRE / TROPIQUES ATRIUM


JEU.6 OCTOBRE 2016 / 20H

(SCOLAIRES 6&7 OCT. 9H30)

TROPIQUES ATRIUM / FORT-DE-FRANCE

Le Malade termine l’oeuvre de Molière. Tout le monde connaît ce qui est devenu une légende : Molière est mort en jouant le Malade, dans le fameux fauteuil depuis exposé à la Comédie Française. En réalité, il est mort chez lui, après avoir été pris d’une énième quinte de toux au cours de la quatrième représentation du sa comédie,le 17 février 1673. Il est mort du "poumon", il crachait "le sang".

Il se savait condamné, il était en disgrâce, victime des intrigues de Lully, abattu par les morts de son fils Pierre et de Madeleine Béjart. Il a écrit et monté cette dernière pièce ; il est impossible de ne pas l’aborder comme un testament.

Une adaptation pour une comédie « africaine »

On peut aujourd’hui regarder la dernière pièce de Molière comme une grande comédie sublime, marqueur d’une époque passée, d’un temps où la médecine s’appuyait plus sur des croyances et des rituels que sur des faits objectivement démontrés.

Mais on peut aussi vouloir s’appuyer sur des événements actuels et montrer ce qui maintient encore certains humains sous le joug des sorciers et des « gourous ». Notre adaptation sur le sol africain se veut une contribution à la longue marche en avant contre l’obscurantisme, dans le respect des vraies valeurs, mais dans la critique des faux dévots et des faux savants.

Peu importe qu’ils soient médecins, gens de d’église ou gens de loi. Nous avons d’ailleurs traité de la même manière l’homme de loi (le notaire) et l’homme de médecine : tous les deux à travers un discours volontairement hermétique ont la volonté de maintenir le commun des mortels dans l’ignorance et la dépendance.


La création de la pièce a eu lieu à Ouagadougou. Nous nous sommes nourri de ce que nous avons voulu faire cohabiter avec le texte de Molière : la chaleur torride d’un mois de mars 2013 - les enfants de l’école voisine de notre cour qui regardent la répétition sitôt la sortie de l’école, la chaise du boutiquier du coin qui servira de modèle à notre décor. Nous avons voulu ce spectacle très léger, comme à notre habitude pour qu’il puisse être joué dans les villages et les lycées du Burkina.

Et puis il y a la musique et la danse. Lorsqu’il écrit le Malade, Molière a définitivement perdu son combat contre Lully. C’est Lully qui est en cour à Versailles, ce sont ses ballets qui sont joués devant le roi. Alors nous avons cherché pourquoi Molière a placé autant de ballets, d’intermèdes dansés dans cette dernière pièce ? Que cherchait-il à dire, à montrer ? Nous avons gardé ces intermèdes voulus par le Maître.

Nous l’avons fait par fidélité, en les répartissant harmonieusement dans le déroulement de l’oeuvre (gestion du temps) et en les intégrant davantage au sujet (gestion du sens). Mais nous l’avons fait dans la chaleur de Ouagadougou, avec les rythmes et les corps d’Afrique. Nous avons suivi à la lettre les thématiques et le déroulement précis des ballets (très écrits par Molière), mais les danseurs en expriment tout le sens à travers des chorégraphies de l’Afrique d’aujourd’hui. La cora, le djembé, le balafon accompagnent ces parties dansées. Les instruments sont constamment présents au cours du spectacle, un peu comme dans les projections des vieux films muets, ils illustrent, soutiennent ou renforcent l’action.

Compagnie Marbayassa / Ouagadougou / Mars 2013

« À Avignon, le public se serre même dans les escaliers pour assister à ces classiques revisités - à la sauce burkinabé » - Le Monde

► Voir le reportage de Radio Télévision Burkina

► Voir le reportage de Info Afrique

Adaptation & Mise en scène : Guy Giroud

Avec : Jules Gouba, Wilfrid Ouedraogo, Haoua Sangaré, Monique Sawadogo, Bachir Tassembedo & Léon Zongo

Musicien : Drissa Dembélé

Régisseur : Georges Riolo

Production : Cie Marbayassa

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