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ET LE COEUR FUME ENCORE / MARGAUX ESKENASI


ET LE COEUR FUME ENCORE

DU 17 AU 19 OCT 2019 / 19H30

THÉÂTRE AIMÉ CÉSAIRE / FORT-DE-FRANCE


La Compagnie Nova

Mise en scène Margaux Eskenazi

Conception, montage et écriture Alice Carré

et Margaux Eskenazi


Avec Armelle Abibou,

Loup Balthazar,

Malek Lamraoui,

Yannick Morzelle,

Raphael Naasz,

Christophe Ntakabanyura

et Eva Rami


Traversée des mémoires, des littératures et des résistances de l’Algérie coloniale à la France d'aujourd’hui, pour dessiner un des visages de la nation française dans laquelle nous avons grandi, faite à jamais d’exils, de métissages, d’imaginaires et de violences tues.


► Bande-Annonce :




D’UN SPECTACLE à L’AUTRE : LE DYPTIQUE.

Et le cœur fume encore est le second volet d’une investigation théâtrale sur les écritures et les pensées de la décolonisation pour penser nos identités françaises et les oublis de sa mémoire coloniale.

Consacré à Césaire, Damas, Senghor, Glissant, Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre était placé sous le spectre des premiers mots de Patrick Chamoiseau dans Ecrire en pays dominé : « Comment écrire alors que ton imaginaire s’abreuve, du matin jusqu’aux rêves, à des images, des pensées, des valeurs qui ne sont pas les tiennes ? Comment écrire quand ce que tu es végète en dehors des élans qui déterminent ta vie ? Comment écrire, dominé ? »


Ces langues, depuis Césaire jusqu’à Chamoiseau cherchent à restituer au creux des mots la dignité de l’homme noir.



Ce second projet est la poursuite de cette exploration des poétiques-politiques. Avec lui, nous souhaitons nous pencher sur un autre contexte géopolitique, une autre aire culturelle dont l’histoire tragique a jalonné tout le second XXe siècle : celle de l’Algérie.


Les écritures de Césaire, Damas et Senghor relèvent d’une quête identitaire, les langues de Kateb, Assia Djebar, Feraoun, Mammeri sont aussi à l’affût d’un peuple. Le choix du français est pour tous ces auteurs une revendication identitaire : il est utilisé comme un cheval de Troie pour pénétrer les cercles littéraires, culturels, institutionnels et aboutir à une reconnaissance. La conscience de participer à la modification des imaginaires, d’imposer un vocabulaire, un rapport à la langue, une mythologie nouvelles leur est commune.


Edouard Glissant – dont la philosophie du Tout-Monde clôturait le précédent spectacle – a préfacé Kateb Yacine et a reconnu Nedjma comme le grand roman de la révolution algérienne et le comparait au mouvement de la langue de Césaire, construisant un peuple en même temps qu’elle élabore sa grammaire.


Si ces poétiques politiques nous ont guidées de la négritude à l’Algérie, c’est avec les outils de l’histoire et des mémoires intimes que nous avons abordé ce second spectacle.


LE PRISME DE L’ALGERIE DANS LES IDENTITES FRANÇAISES : AU REVEIL DES MEMOIRES POUR ENTERRER LES MORTS


Traversée kaléidoscopique des mémoires de la guerre d’Algérie, le spectacle s’est construit autour de témoignages, recueillis auprès de nos familles et de nos proches. Et le coeur fume encore part d’une investigation auprès d’historiens et d’associations, de poètes et d’intellectuels, point de départ pour basculer dans le théâtre, passant sans cesse de l’intime au politique, du témoignage au jeu, du réel à la fiction.


Cette guerre si longtemps refoulée explique en partie les fractures sociales et politiques de la France d’aujourd’hui. Si, comme l’écrit le plasticien Kader Attia, « l’Algérie coloniale a été le laboratoire des banlieues », la guerre d’Algérie s’y retrouve partout, tant y cohabitent des mémoires occultées des récits officiels. Renonçant d’emblée à une exhaustivité impossible, Et le coeur fume encore fait néanmoins le pari de rassembler des catégories mémorielles diverses, parfois antagonistes, en les faisant cohabiter dans une écriture polyphonique. Ainsi, récits de militants du FLN – section française et algérienne, et de leurs descendants, paroles d’enfants de harkis, de porteurs de valises, de petitsenfants de pieds-noirs, de juifs algériens, d’appelés du contingent et de militaires de métier, dont certains ont rejoint l’O.A.S., se trouvent entremêlés.


En faisant entendre les paroles de ceux qui se sont tus si longtemps, nous portons un nouveau regard sur notre présent. Dans ce second volet, nous retrouvons sur notre route Kateb Yacine, Edouard glissant, Assia Djebar et Jérôme Lindon qui ont chacun oeuvré à ce combat, parce que politique et littérature sont les deux faces d’une même histoire.



Avec les voix de Paul Max Morin, Nour-Eddine Maâmar et Eric Herson-Macarel.

Avec des extraits de Kateb Yacine, Assia Djebar, Edouard Glissant, Jérôme Lindon

Collaboration artistique Alice Carré

Lumières Mariam Rency

Espace Julie Boillot-Savarin

Création sonore Jonathan Martin

Vidéo Jonathan Martin et Mariam Rency

Costumes Sarah Lazaro


Avec le soutien du Conseil Régional d’Ile-de-France, de la ville des Lilas, du Conseil Départemental du 93, de Lilas-en-Scène, de la Ferme Godier (dans le cadre de la résidence action et territoire de la DRAC Ile-de-France), du Studio Théâtre de Stains, du Collectif 12, du Centre Culturel de La Norville, d’Arcadi, de la Région Ile-de-France et de de la Grange Dîmière à Fresnes, de la fondation E.C Art Pomaret, de la SPEDIDAM, et de la fondation d’entreprise Vinci pour la cité.


► Théâtre Aimé Césaire


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